
A l’origine, le « café des âges » vient de l’association nationale « Vieillir c’est vivre, dites-le ! ». Le « café des âges » est un moment de débat entre générations différentes.
Il est vrai que notre société favorise le cloisonnement par l’âge. Le cloisonnement est un obstacle aux rencontres intergénérationnelles, il favorise un climat d’incompréhension, une méfiance envers des générations différentes. De ces sentiments naissent des préjugés.
Concrètement, en Isère, l’organisation de chaque « café des âges » débute par une ou deux réunions de préparation entre Alertes et les associations investies. Ces organismes peuvent être des Unions de quartier, des MJC, CCAS, Mairies. Alertes définit avec elles l’organisation du café, aide à la logistique (affichettes, communication...). Il est important d’informer les personnes en apposant des affichettes dans les lieux populaires : boulangeries, pharmacies... Le thème éventuel sera défini... La préparation est tout aussi importante que le café des âges en lui même, puisque c’est durant cette préparation que va se jouer l’implication de l’ensemble des associations et leur représentation du café et de ses objectifs et surtout la capacité à associer des générations de moins de 50 ans...
Le « café des âges » a pour objectif la rencontre, le dialogue, l’expression d’une parole, un débat citoyen, la compréhension et un éventuel renforcement du lien social entre générations différentes, une réflexion de toutes les générations. Le café est l’occasion d’échanger sur des idées, des expériences ...
Chaque « café des âges » est unique, il n’y a pas deux cafés qui soient semblables. Ce qui change d’un café à un autre :
Le lieu, le café initialement prévu dans un café peut être aussi réalisé dans d’autres lieux communs (salle d’animation...). Cependant Alertes préfère que le café ait lieu dans un « vrai café » ; mais ce n’est pas toujours possible, car il faut trouver un patron de café qui accepte d’accueillir ce débat. Certains propriétaires refusent pour ne pas gêner leur clientèle habituelle. D’autres cafés sont trop petits ou trop bruyants, et quelquefois les partenaires (CCAS et communes.) préfèrent valoriser les locaux municipaux. Le lieu café reste un lieu de fréquentation de chacune des générations et reste l’idéal dans la rencontre.
L’implication des organisations le préparant.
La tournure que prend la parole des personnes présentes.
Depuis novembre 2005, 22 « cafés des âges » se sont déroulés à l’initiative d’Alertes : à Grenoble, Eybens, Fontaine, Seyssins, Seyssinet, Voreppe, Vizille....
Il y a peu d’obstacles en réalité pour cette organisation simple. Il faut du temps et une implication des associations, élus. Il est également important de penser à convier des personnes d’âges différents lors de la préparation et lors du café en lui même. Nous pouvons souligner que si le mouvement s’essouffle un peu dans beaucoup de département, ce n’est pas le cas dans l’Isère où le nombre de Cafés des âges organisé par Alertes continue d’augmenter (11 cafés organisés depuis un an).
Pour conclure, nous pouvons nous questionner sur ce que cela nous a appris sur l’intergénération et sur des projets s’y approchant.
- Pour que ces cafés des âges se développent il y a nécessité d’une forte implication des pouvoirs publics pour soutenir et encourager ces démarches, prenons l’exemple de la ville d’Echirolles et de Fontaine. Il faut une réelle motivation des organisateurs et une compréhension du sens du café. Bien sûr le café des âges ne va pas déboucher sur des propositions concrètes à court terme. Le résultat de cette rencontre n’est pas immédiat, mais peut entraîner des changements de mentalités à plus long terme. A long terme les discussions peuvent permettre une prise de conscience et la création de nouveaux projets ; comme la mise en place d’un habitat intergénérationnel, en étant au plus proche de la parole de l’usager, de ses demandes, besoins et attentes.

